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OU EN SONT LES BELLIGERANTS ?

Titres de la page :

        • La situation des belligérants,
        • Les préparatifs,
            • Les préparatifs du côté Français : faiblesses défensives et retards logistiques.
            • Les préparatifs du côté Allemand : une accumulation impressionnante d'armes de destruction
        • Verdun et ses acteurs.
        • Pétain à Verdun


La situation des belligérants

A la veille de la « Bataille de Verdun »,

Verdun, une ville menacée sur trois côtés :

Depuis septembre 1914, Verdun est menacé sur trois côtés.

La ville est en partie évacuée de sa population. 

Des unités militaires françaises y stationnent.

L’année 1915 a connu autour de Verdun, son lot de batailles et de carnages.

Les Eparges, Vauquois, l'Argonne, ne sont distants que d’une vingtaine de Km de Verdun.


La guerre a déjà fait 600 000 morts :

Avant que ne commence la bataille de Verdun, on compte déjà 600 000 morts. 

Sur le front de l’Est, les armées Allemandes ont battu et désorganisé les armées Russes.

Elles ont libéré la Galicie (région de l’Est entre la Pologne et l’Ukraine), écrasé la Serbie.

L’Allemagne est puissante. Ses armées campaient en Russie et en France et vivaient sur les régions envahies.. »(..) son industrie tournait à plein régime, avec le charbon Français, Belge, et l’essentiel de la sidérurgie Lorraine. Ses troupes d’une valeur militaire exceptionnelle, au moral renforcé par de nombreux succès sur les fronts où elles avaient donn«é, étaient aguerries et son artillerie restait la plus nombreuse et la plus puissante »

La Roumanie et la Grèce optent pour la neutralité,

L’Italie rejoint les alliés et immobilise une partie des troupes Austro-Hongroises.

L’Angleterre est sur le point de décider d’instaurer la conscription, pour renforcer son armée de métier.

Sur le front d’Orient, les Alliés sont bloqués à Salonique.

Sur le front Ouest en cette fin d’année 1915, qui fut la plus meurtrière de la guerre, le front est figé dans la guerre dite de « position ».

« On vit alors un spectacle qui n’avait jamais été vu : deux immenses armées entièrement affrontées l’une à l’autre, très impatientes d’en finir et incapables de faire un mouvement », écrira Jules Romains

Du côté français, le Généralissime Joffre prépare avec les Anglais l’offensive Franco-Anglaise qu’il veut définitive.


L'Allemagne en proie à une grave crise morale et sociale :

L’ Allemagne quant à elle, connait une grave crise morale et sociale sur son territoire.  

En août 1914, le Kaiser avait déclaré aux premières troupes partant au front qu’elles rentreraient dans leur foyer « avant la chute des feuilles ».

Les feuilles sont tombées à 2 reprises, les troupes ne sont toujours pas rentrées.

La désillusion se conjugue avec la faim.


Le blocus économique de l’Allemagne :

En 1914, les économies sont interdépendantes… déjà.

La guerre crée des ruptures dans l’approvisionnement des matières premières et en produits de consommations.

Leurs conséquences seront aggravées par le blocus systématique mis en place en 1914 par les Alliés. Ils le renforceront en 1915.

Churchill dira «  le blocus vise directement à réduire toute la population par la faim, hommes, femmes, enfants, vieux et jeunes, blessées ou bien portants ».

Le 11 mars 1915, le blocus est total.

Les Allemands connaissent la faim et les queues interminables.

Erich Maria Remarque, journaliste allemand et mobilisé en fait une description sobre, réaliste et désabusée, dans son roman « A l’ouest rien de nouveau » : « … j’accompagnais ma soeur ( il s’agit d’un permissionnaire ), elle va à l’abattoir chercher quelques livre d’os. C’est une grande faveur d’en recevoir et, dès le matin, les gens font la queue.

Plus d’un tombe de défaillance.

Nous n’avons pas de chance : après avoir attendu trois heure, l’un relayant l’autre, le rassemblement se disperse, il n’ y plus rien… ».

En janvier 1915, parce  qu’ils sont une concurrence alimentaire de l’homme, 9 millions de cochons sont abattus.

Les aliments et la viande sont rationnés.

Le 10 octobre 1915, des manifestations contre la vie chère se déroulent à Berlin.


Emeutes de la faim et union sacrée brisée :

A la fin de l’année, éclatent des émeutes de la faim.

Dès décembre 1914, l’Union Sacrée avait été rompue en Allemagne. 

Karl Liebknecht, socialiste révolutionnaire allemand, avait refusé de voter les crédits militaires.

Fin 1915, 70 000 ouvriers signent une pétition contre la guerre.

Les protestations iront croissantes avec l’aggravation de la crise alimentaire et l’augmentations du nombre de soldats tués ou blessés.

Ainsi, les fondations du mouvement révolutionnaire Spartakiste se construisent en Allemagne.

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Le Kaiser et l'Etat-Major Allemand ont besoin de frapper un " grand coup " :

Les stratèges militaires et le Kaiser pensent qu’ils doivent frapper un grand coup sur le plan militaire.

Ils veulent, par une offensive, qui sera décisive, casser l’alliance Franco-Anglaise, clore la guerre, affirmer la suprématie militaire et industrielle de l’Allemagne et juguler le mécontentement de la population Allemande.

Pour le choix du lieu de l’offensive, ils hésitent, entre Belfort et Verdun......

.... Et c'est Verdun qui sera choisi !

LES PREPARATIFS

Les préparatifs du côté Français : faiblesses défensives et retards logistiques.


L' incrédulité de Joffre :

Malgré les informations données au GQG par les renseignements militaires inquiets des mouvements importants de la V° armée allemande, Joffre ne croit pas à une offensive sur la place forte de Verdun.

Il condamne l'action du Colonel Driant venu alerter le Président de la République et du Conseil, de l’imminence d’une attaque sur le bois des Caures.

Ce colonel, député de surcroît, commande un bataillon de Chasseurs installé depuis 1914 dans ce bois.

Des faiblesses défensives criantes :

Sur un front de 50 Km, les faiblesses défensives sont criantes :

la première  ligne est à peu près correctement aménagée,la deuxième ligne est peu ou pas reliée à la 1ère par des boyaux de communications,la troisième ligne est pratiquement inexistante,Les lignes téléphoniques sont elles aussi quasi inexistantes.

Le saillant de Verdun est étroit et mal relié avec la zone arrière.

Les deux lignes de chemins de fer sont, l’une sous le feu de l’artillerie Allemande à la sortie de l’Argone, l’autre coupée à la hauteur de Saint - Mihiel.

« Le Petit Meusien » train à voie métrique et le chemin de communication n° 6 en direction de Bar-le-duc sont les deux seuls axes de liaison avec la zone arrière.

Le chemin de communication avait été élargi, en avril 1915, pour faciliter la circulation des camions et environ 35 km de voies gérées à écartement normal, avaient été aménagés pour le transport de l’artillerie lourde autour de Verdun.

Un renforcement tardif :

Il fait renforcer en toute hâte les systèmes défensifs sur le terrain.

Il obtient que le 20° CA soit retiré du front des Vosges et dirigé sur Bar-le-Duc.

A partir de janvier 1916, les renforts seront mis en route : divisions d’infanterie, régiments d’artillerie, parcs, dépôts de camions et d’automobiles, ambulances... sont positionnés au cours des 15 premiers jours de février entre Bar-le-Duc et Souilly.

Le 19 février, la Commission Régulatrice Automobile sous la responsabilité du Capitaine Doumenc est mise en place. 

Son rôle est de gérer la circulation automobile sur le chemin de communication....

.........Il deviendra la « Voie Sacrée ».

Les préparatifs du côté Allemand : une accumulation impressionnante d'armes de destruction.

L'opération « Jugement », initialement prévue pour le 11 février 1916 :

L’attaque sur la place forte de Verdun est baptisée opération « Jugement ».

La date avait été fixée au 11 février 1916.

La V° Armée du Kronpriz commence les préparatifs, le 22 décembre 1915.

20 000 soldats des compagnies du Génie militaire, des compagnies de soldats sans armes (une spécialité de l’armée Allemande, l’équivalent des territoriaux), plus des prisonniers russes, s’activeront notamment la nuit, pour construire abris et lignes de chemins de fer, pour transporter les troupes, les munitions, la nourriture et rapprocher l’artillerie lourde au plus près de la bataille.


Une préparation minutieuse :

Le 11 février, 416 canons courts de gros calibre, 209 canons longs, 26 de très gros calibre, 3 canons longs de gros calibre, 654 pièces d’artillerie lourde, 550 pièces d’artillerie de campagne sont prêts.

Les premières lignes ennemies seront bombardées par des lances-mines.

Les divisions d’attaque disposeront de 32 lances-mines lourds et de 9200 projectiles qui vont avec, de 88 lances-mines moyens avec 28500 projectiles.

Et de lances mines-légers dotés de 6900 projectiles.

Il a fallu 213 trains spéciaux pour amener les munitions.

Pour les premières journées de l’attaque, il est prévu 34 trains de munitions par jour.

Le regroupement des troupes, du 80° régiment de fusiliers se fait dans des abris enterrés, face au Bois des Caures notamment .

Une météo exécrable, pluie et brouillard, retardera la décision de l’assaut.

VERDUN ET SES ACTEURS

VERDUN : Une place forte immémoriale.

« Dun », dans la vieille langue gauloise, qui imprègne la toponymie française, c’est la hauteur, le mont, la colline, qui présente au ciel la ville close, le château, le fort, leurs tours, leurs murs et leurs créneaux »

(Mr. Bernard " Visage de Verdun", Perrin, Ministère de La Défense).

Une ville fortifiée au fil des siècles :

Verdun, depuis ses origines est une ville fortifiée, une ville militaire.

C’est le point de passage obligé des invasions venant de l’Est.

Ce fut un camp celtique, puis gallo-romain.

L’ingénieur militaire du roi Henri III, Erard de Bar-le-Duc, construisit la citadelle sur le ville haute.

Pendant le règne de Louis XIV, Vauban entourera la ville d’une enceinte fortifiée continue.

L’histoire de la ville est faite de onze sièges.


Ses défenses sont renforcées après la défaite de 1870-71 :

Après le traité de Francfort du 10 mai 1871, la France affaiblie militairement, qui a perdu l’Alsace et la Lorraine, partage avec son puissant voisin Allemand, environ 240 kilomètres de frontières entre la Belgique et la Suisse.

Le Général Séré de Rivières, sera chargé de construire les fortifications défensives le long de cette frontière.

Verdun est intégré dans un système de défense constitué de deux digues de 75 km chacune. L’une s’adosse, sur la Belgique, l’autre sur la Suisse. 

Elles sont séparées l’une de l’autre, par un espace ouvert de 70 km environ, entre Toul et Epinal, appelé la trouée de Charmes.

La première digue du nord est édifiée entre Verdun et Toul sur la rive droite de la Meuse.

La deuxième digue est constituée  par les camps retranchés d’Epinal et de Belfort, sur les collines de la Haute Meuse.

Ces digues sont constituées par une succession de forts et d’ouvrages fortifiés permanents qui se protègent mutuellement.

Ces digues fortifiées, étaient considérées infranchissables.

L’envahisseur, venu de l’Est, devait soit emprunter la trouée de Charmes et donc se placer sous le feu de l’artillerie des fortifications françaises, soit violer la neutralité de la Belgique ou de la Suisse, au mépris des règles internationales.

On sait ce qu’il advint !

Les Allemands passeront par la Belgique et, pour l'heure, délaisseront Verdun.

PETAIN A VERDUN

24 Février 1916- 1er Mai 1916 :

Le Commandement de Pétain


Joffre confie au Général Pétain le commandement de l’armée de défense de Verdun, le 24 février 1916, en remplacement du Général Herr. 

Il le lui retire le 1er Mai 1916.

Jugé trop défensif, il sera nommé commandant du Groupement d'Armée du Centre.

Une mise sur la touche avec promotion en quelque sorte.

Nivelle le remplacera.

Il  établira son QG à Souilly (village situé sur la route de Verdun à Bar-le-Duc).

Il est accompagné de l’état-major de la IIe Armée.

Le Chef d’état-major est le colonel de Barescut.

Télégramme chiffré. 25 février 1916, 23 h 55

Joffre à Pétain :

« J’ai donné hier 24 février l’ordre de résister sur la rive droite de la Meuse au nord de Verdun. Tout chef qui, dans les circonstances actuelles, donnera un ordre de retraite sera traduit devant un Conseil de Guerre. »


Pétain procède à la réorganisation du commandement.

Quatre groupements sont constitués avec chacun leur état-major et un nombre variable de divisions : 

-  le 1er  sur la rive gauche

le 2e de la Meuse au village de Douaumont`le 3e du village de Douaumont à Eixle 4e de Eix au saillant de St Mihiel

Ces groupements disposent d’un profond arrière front pour organiser leurs réserves, leurs cantonnements, leurs dépôts de munitions,  etc…





Pétain organise l’artillerie lourde.

Il réclame sans cesse et obtint quelques fois de Joffre des renforts.

Début mars 1916, 26 divisions étaient en ligne contre 11, le 21 février.

Début février, l’intendance comptait 158 000 rationnaires, entre le 1er et le 10 Mars, elle en compte 530 417.



Le 10 avril, Pétain lance son fameux ordre du jour : 

« Courage! .. on les aura !... ». 

Malgré son bref commandement, c'est la bataille de Verdun qui nourrira son aura de " vainqueur de Verdun " et contribuera à le conduire au pouvoir en juin 1940.


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